Par Nizar AYED
J'ai un ami qui éprouve une haine particulière envers Jacob Walles,
ambassadeur des Etats Unis en Tunisie. Il s’est réjoui d’apprendre
l’existence d’un plan pour assassiner l’ambassadeur, par voiture piégée,
révélé par la jeune fille de Douar Hicher, en relation avec le chef
terroriste algérien Lokman Abou Sakhr.
Mon ami est un militant progressiste, révolutionnaire, démocrate,
socialiste, nationaliste, droit de l’hommiste ... qui impute à Jacob
Walles la responsabilité de l’ensemble des difficultés auxquelles la
Tunisie est confrontée. S'il se dispute avec son épouse, mon ami
considère que c'est la faute à Jacob Walles.
S'il a une altercation avec son patron, il insulte Jacob Walles.
Si la connexion internet n'est pas fluide, c'est la faute à Jacob Walles.
Si la soupe est piquante, c'est le père de Jacob Walles qu'il insulte.
Chaque matin, sous la douche, mon ami commence sa journée par des
injures et des outrages à l'égard de l'ambassadeur américain. Il saute
sous l'eau, se fait une friction par le shampoing Head and Shoulders,
produit phare de la firme américaine Procter & Gamble, basée à
Cincinnati dans l'Ohio, en murmurant des insultes à l'égard de Jacob
Walles. Ensuite, il se brosse les dents avec un dentifrice Colgate,
produit de la firme new yorkaise Colgate Palmolive Company, se rase avec
un rasoir Gillette II Sensor, produit de la firme américaine The
Gillette Company , basée à Boston, tout en insultant Jacob Walles. Il
enfile son boxer américain H, haut de gamme de la firme new yorkaise
Tommy Hilfiger Corporation, puis son Polo Ralph Lauren, produit de la
firme américaine Ralph Lauren Corporation, basée à New York ,met son
jean Levi's, produit de la firme Levi Strauss, basée à San Francisco, en
Californie, se parfume avec son parfum CK One , produit fétiche de
Calvin Klein, appartenant au groupe new yorkais Phillips-Van Heusen,
tout en insultant Jacob Walles.
Par la suite, Il se dirige vers la cuisine, ouvre son frigo Whirlpool,
fleuron de l'entreprise américaine Whirlpool Corporation , basée à
Benton , fait sortir le lait pour préparer son café long black Maxwell,
produit de la Maxwell House, café américain appartenant au Kraft Food
Group basé dans l’Illinois, un café qu'il sirote avec des brownies et un
bol de Kellogg's, produit de l'entreprise américaine Kellogg's company,
basée dans l'Etat de Michigan, tout en insultant Jacob Walles. Prêt
pour sortir, mon ami met ses baskets Nike, marque de la société
américaine fondée en 1972 à l'Oregon State, met sa Ray Ban, brandmark de
la société américaine Bausch and Lomb, tout en insultant Jacob Walles.
Il quitte son appartement. Avec un briquet Zippo, marque américaine
créée en 1932 à Bradford, en Pennsylvanie, il allume une Marlboro,
cigarettes blondes, fabriquées aux États-Unis par Philip Morris, tire
quelques bouffées en insultant Jacob Walles. Il fait appel à l'ascenseur
OTIS, fabrication d'OTIS Elevator Company, une entreprise américaine du
Connecticut, l'ascenseur tarde à arriver, mon ami s’énerve et insulte
Jacob Walles.
Au sous sol, Il saute dans son Pick Up Ford Ranger III, model du
constructeur américain Ford Motor Company, basé dans la ville de
Détroit, dans le Michigan, allume la radio sur un air de Jazz, ouvre sa
boite de chewing-gum Wrigley Freedent, produit de la société américaine
Mars Incorporated, il mâche son chewing-gum tout en insultant Jacob
Walles. Confortablement installé dans son siège, il passe un premier
coup de fil de son smartphone Apple, un produit d'Apple Inc., une
multinationale américaine qui siège à Cupertino.
Le réseau au sous sol étant faible, il insulte Jacob Walles. Il quitte
le parking, passe par la station service ExxonMobil, géant pétrolier
américain basé à Dallas, pour faire le plein de carburant, le terminal
de paiement électronique étant saturé, il insulte Jacob Walles.
Arrivé au bureau, il ouvre son PC de marque Hewlett-Packard, produit de
la multinationale américaine basée dans la Silicon Valley, il démarre un
logiciel Microsoft, produit phare du géant américain Microsoft
Corporation, la connexion n’étant pas fluide, il insulte Jacob Walles.
Avec un stylo Reynolds, produit de la firme américaine International
Pen Company, il prend quelques notes sur son Post It 3M, produit de la
firme 3M Company, basée au Minnesota.
Trois heures plus tard, sa montre Fossil, produite par la firme texane
d’horlogerie de luxe, affichant midi, mon ami descend au restaurant du
coin, il commande un hamburger et une portion de riz Uncle Ben’s, un riz
produit à Houston, au Texas.
Entre temps, il passe aux toilettes, l’hygiène dans le sanitaire signé
Jacob Delafon, marque de l’entreprise américaine The Kohler Company,
fondée en 1873 dans le Wisconsin, n’étant pas parfaite, mon ami
s’indigne et insulte Jacob Walles.
Avec un savon Palmolive, produit de l’entreprise new yorkaise Colgate
Palmolive, il se lave les mains, mais n’ayant pas trouvé des kleenex,
produit de la Kimberley Clark Corporation, basée dans l’Irving au Texas,
mon ami s’énerve et insulte Jacob Walles.
Installé à table, le serveur lui sert un Coca Cola, produit de la
multinationale américaine,The Coca-Cola Company, basée en Géorgie, le
Coca n’étant pas suffisamment frais, notre ami insulte Jacob Walles.
Il commence à déjeuner, il arrose le riz au Ketchup Heinz, produit de
l’entreprise agroalimentaire américaine H. J. Heinz Company. La sauce
épicée étant piquante, mon ami insulte Jacob Walles.
De retour au bureau, il consulte son compte LinkedIn, réseau social
professionnel en ligne créé à Mountain View en Californie, puis son
compte Facebook, réseau social développé en Californie par Mark
Zuckerberg, la connexion n'étant toujours pas fluide, il insulte
l’arrière grand père de Jacob Walles.
18 heures, mon ami quitte son bureau sis rue Hooker Doolittle, ancien
proconsul américain en Tunisie. Sur son chemin, il s'arrête à la
pharmacie du coin pour acheter un paquet Doliprane, produit du
laboratoire américain Bristol Myers Squibb, et un paquet de Trojan
Extase Condoms, préservatif américain produit par la Church & Dwight
Company. Le Doliprane étant en rupture de stock , il insulte Jacob
Walles.
Il fait la queue devant la caisse N.C.R., produit de la NCR Corporation,
une entreprise américaine fondée en 1884, il paye par sa carte de
paiement Visa, du nom de l'entreprise financière sise au financial
district de San Francisco.
Arrivé chez lui, le thermomètre affiche 38 °, il démarre le climatiseur
Carrier, fabriqué par l’entreprise américaine de Farmington, au
Connecticut. Il se déshabille en sirotant quelques bières Budweiser,
brassées dans les meilleures brasseries de la société Anheuser-Busch
dans la ville de Saint Louis aux Etats-Unis.
A la cuisine, il avale un steak, sirote un whisky Jack Daniel's, produit
des distilleries raffinées du Tennessie, mais ne trouvant pas au frigo
assez de glaçons, il insulte Jacob Walles.
Au salon, il ouvre la télé sur un thriller américain,... à peine allongé
devant la télé, sa femme au lit, l’interpelle d'urgence. Il se dirige
vers la boite à pharmacie, tire une gélule de citrate de sildénafil, un
médicament de la classe des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type
5, développé sous la marque Viagra par la firme pharmaceutique new
yorkaise Pfizer, observe longuement la gélule, prend une gorgée de son
verre de whisky Jack Daniel’s et murmure : " God Bless Jacob Walles ".
A bon entendeur, bonne soirée .
* Nizar Ayed est avocat, Président de L'Association tunisienne américain Fulbright
http://www.businessnews.com.tn/lhomme-qui-deteste-jacob-walles,526,50334,3